Iliniza Norte

décembre 5, 2006

Nous partimes 13, en petite camionette, a 5h du matin du centre de Quito.

Nous arrivames 11 puis 12 au sommet de l’Iliniza Norte, huitieme sommet le plus haut d Equateur, a 5126m au dessus du niveau de la mer.

Que s est il passé? A l aube nous quitons Quito par la Panamericana Sur, et decouvrons a travers les fenetres de la petite vanette, les paysages et bientot les sommets de la Sierra. Quand le soleil pointe le bout de son nez, il est juste derriere le Cotopaxi, ce volcan prestigieux, ce cône parfait.. et la vue qui brule un peu les yeux est magnifique. Je me suis achete des lunettes de montagne. La camionette quitte la Panamericana et s enfonce sur des petites routes pavees vers l ouest, deja nous avons une vue magnifique sur les deux Ilinizas qui n ous attendent. Apres le petit village d´El Chaupi, les routes pavees se transforment en chemin de terre. Sur ces chemins nous croisons des bus, des vigognes (sorte de lamas!) des pick up, des vaches… nous sommes dans la cambrousse, un chemin est bloque, nous nous perdons… Assis a l arriere de la vanette, je sens les cardans craquer.. allons nous y arriver ? Vers 8h30 nous nous arretons et apres quelques echauffements nous mettons en marche en file indienne. Le paysage est grandiose, nous montons tres peu, nous avançons beaucoup, a travers les etendues de steppes d herbes rases.. puis d un coup il faut monter.. c est a peu pres au meme moment que le ciel s est couvert. Un pas apres l autre doucement, je crois que ca va le faire mais tres vite le souffle me manque et j ai besoin de faire des pauses regulieres.. tres regulieres.. le terrain est tres dur, sable, cailloux.. ke mieux est encore la traversee de petits neves avec des traces bien precises. La perseverence m amene jusqu a un petit col avec pres de 10 minutes de retard sur le groupe, un autre mec est derriere moi il n avance presque plus. Peut etre que l idee de ne pas etre le dernier m a maintenu un peu, ou peut etre que j aurrais pu forcer un peu plus mais tres sincerement je ne crois pas que je pouvais faire plus. Donc j attend mon compgnon de galere au col pour finir l ascencion ensemble, le groupe a du y aller, nous informant  qu il ne restait pas grand chose. Le gars arrive, je le laisse se poser qq temps mais il ne veut pas continuer, a mon grand desespoir… On ne voit plus rien , nous sommes au coeur du nuage. Je crie de toute mes forces pour apeler le guide, et j entend une reponse divine qui m autorise a y aller seul, et a le laisser se reposer au col, car nous repassons par ici au retour. Alors je me lance, je reprend mon rythme ultra lent, 10 pas et une pause, parfois 5. La grele se met a tomber et le terrain devient difficile, rochers, névés.. je ne vois plus les traces de pas sur les névés.. par ou sont-ils passés ? je m arrete, je reprend mon souffle, la grele tombe, je ne vois preque plus rien, je decide de m arreter ici, je ressent cette grande tristesse de l homme qui est a 50m du sommet de l Albaron et ne peut se l offrir. mais je suis rassuré, je vais attendre… oui en fait j attend.. car j ai encore un peu d espoir, la grele s arrete, le nuage se releve un petit peu et je decouvre une petite arrete qui me parait bien etre le sommet a quelques dizaines de metres de dénivelé… je m avance un peu et crie. Rien. Je recrie… Réponse! Ils sont la, ils ne sont pas loin, je me lance, doucement, chaque pas me rapprochant du sommet, je m arrete car je ne respire plus, je reprend, je m arrete, cette partie etait interminable, mes derniers pas formait un bon 3+ de grimpette, je me hisse.. je suis au sommet !

voila, je me suis battu et la chance ma permis de le faire.. il n y a pas eu de passages trop dangereux, mais tout de meme cette sensation d etre seul a 5000m, avec le sang qui te monte a la tete…

ce fut une des experiences les plus dures de ma vie.

Au retour, nous avons recuperer David  au col et avons descendu en ramasse cette grande pente sableuse… mal de tete d un ecart d altitude si violent, mais le retour quasi a plat nous repose tous, on profite de la vue car on est repasse en dessous des nuages, on cause un peu, avec les equatoriens qui etaient avec nous.

En attendant la camionette, la pluie nous achève et  nous nous abritons dans le rude logis d une famille de paysans indigenes…

Retour cahotique a Quito, douche, dodo, magnifique journee.

 Bonus photo, le cotopaxi et les illinizas (le norte a droite)
Bises à vous. bientot je pars dans la forêt.

cotopaxi_2.JPG ilinizas.JPG mountain-ilinizas14.jpg 

7 réponses vers “Iliniza Norte”

  1. Lucie a dit

    Wouh ! Ca a l air d’avoir ete dur !
    Vous etiez dans la neige en haut ?
    T’as commence a avoir pas asssez d’oxygene vers quelle altitude ? Tu sais, tu peux macher des feuilles de coca, ou boire du mate de coca, ils disent que ca aide a oxygener. Ils en font ?

    Repose toi bien. Profite bien des sensations uniques que tu as ressenties dans cette aventure.

    Bisous
    Comment ca s appelle la ou tu vas dans la foret ?
    Tu sais combien de temps tu y restes ?
    Tu as une adresse ?

    Lucie et ??

  2. Lucie a dit

    et dis…la prochaine fois…si tu peux ne pas etre tout seul dans le brouillard, c est quand meme mieux…

    et surtout, si tu vas sur un glacier avec des crevasses, ne te retrouve jamais tout seul non encorde.

    Take good care :-)

    Lucie et ??

  3. mamandani a dit

    lucie, j’approuve tes conseils …
    Antoine bravo à toi …reste prudent.
    Bon séjour dans la forêt. Je t’embrasse.maman dani

  4. pau a dit

    wahou… j’ai l’impression de lire du pAOLO cOHELO :) bisous

  5. émi et chris et aurel et mat et ben a dit

    t’es le plus fort
    on est fier de toi..!!!!!!!!!!!!!!
    vive les perchés ,ramène nous des feuilles de coca..
    on pense fort à toi
    continue bien ton voyage et fais attention aux fourmi géantes !!!!!!!!!!!!!!!
    il est comment ton caca?
    gros bisous toudou

  6. Cloton a dit

    ouahou!!!! ça avait l’air trop beau…
    J’ai eu un peu peur en lisant ton récit : je te voyais entre le mec qui veut s’arrêter et les autres partis devant… sans doute un grand moment de solitude…
    Je viens de retrouver une vieille chanson de Nilda Fernandez, qu’on écoutait sur la compile rouge : “mes yeux dans ton regard” : “quand tu veux tu m’appelles / tu connais mon numéro / 45 12 20 00…”
    Bisous le perché!!

  7. Cloton a dit

    Au fait, as tu vu des chamanes ?

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