chez les Shuars
décembre 17, 2006
voila bien une semaine que j ai quitte Quito pour l Oriente.
je suis dans la petite bourgade amazonienne de Sucua a quelques kilometres au sud de Macas. lorsque je suis arrive vendredi dernier, je me suis directement fait embarquer dans un voyage dans la foret. Mon contact ici, Raquel, une amie de Wilo, le chamane equatorien que j ai rencontre en France, travaille au departement de medecine traditionelle de la federation Shuar, un peuple indigene vivant dans la foret amazonienne. Ce voyage 4 jours vers les communautes de Yaupi et Yaapi, vers la frontiere peruvienne, a pour but l animation de seminaires sur la medecine traditionelle shuar et la fabrication de remedes naturels. Membres de l equipee : Raquel, Ricardo, Lucio, Herman, Nelson, tous Shuar et Anne, Elodie et moi, trois gringos franÇais, elles, sont volontaires a Sucua depuis qq temps et participent ici a leur derniere excursion avant leur depart, tres vite, on me verra comme la releve. Nous partons donc vendredi dans la nuit, 8 h de bus cahotiques sur des pistes presques imaginaires entre les arbres geants. A 5 h du matin le bus nous laisse sur un pont ou nous nous reposons qq instants avant d embarquer sur des pirogues pour remonter le rio Yaupi. Vegetation luxuriante, l explorateur moderne que je suis ne manque pas de remarquer les bambous hauts comme des immeubles, les fougeres de 2m de long, dans cette ambiance a l oreille cassee… Nous debarquons des pirogues quelques heures plus tard apres quelques peripeties et nous mettons en marche suos un soleil brulant et un air etouffant. Je transpire de curiosite. Deja je croise des petits gamins sur des chevaux sans selle, j apercois des toits de branches sechees, je crois voir un serpent, j ai soif. Notre chenin passe da bord par Yaupi, un vrai petit village avec des rues pavees, puis nous emmene a travers foret jusqu qu a son voisin un peu plus haut Yaapi. Dans la foret lors dune pause… attention !!! ne touche pas a cette herbe, une sorte de liane qui tombe droit vers le sol, en effet une fourmi ultra veneneuse de 3 metres de long etait sagement occupee a remonter la pente, il n aurrait pas fallu la deranger. Yaapi, je bois de la chicha, boisson a base de la yucca machee par les femmes puis recrachee, et ainsi plus ou moins fermentee selon son age. mmmh, on s y fait vite, mais il fait soif. Le coin est paradisiaque, le village est tout en long sur le bord d un Rio, ou chacun va s y baigner une fois par jour. Nous installons nos couchettes dans une maison vide, ou plutot habitees par des chauves souris et d innombrables cucarachas, cafard rouges vifs… le lendemain le seminaire se deroule plutot bien malgre l attention aleatoire de notre assistance, l apres midi Raquel et Elodie enseignent la fabrication de shampooing a base de plantes, de sirop de gingembre pour la toux, de pommade.. les travaux pratiques sont amusants, les shuars parlent entre eux, rient… Sentiment etrange que de venir voir ces gens pour leur enseigner ce qu ils ont perdus… Le soir, petite fete a la lumiere des batteries solaires, heureusement les hauts parleurs ne marchent pas tout de suite et nous avons droit a quelques belles chansons accompagnees en guitare avant que le poste crache ses belles bouses techno, il faut danser c est plus poli. On s est bourre la gueule a la chicha. Le lendemain depart vaseux pour Yaupi, nous redescendons notre chemin forestier jusqu au Rio qui nous offre un bon bain frais matinal. Ces chocs chaud-froid, vont me valoir une petite grippe que je croyai passagere mais que je me traine toujours depuis. Yaupi, village un peu plus grand, plus de ruelles, une plus grande piste d aterrissage, meme une petite boutique.
Le lendemain nous repartons par le meme chemin, chaleur, pirogue, bus… quel drole de voyage. Les Indiens n ont plus de plumes sur la tete ni de maquillage naturel, certains ont meme la tele a Yaupi… Ils vivent dans un petit paradis, avec l argent ils peuvent acheter des pots en plastiques pour mettre la chicha et n ont plus besoin de la poterie. Mais avec l argent il y a aussi d autres soucis, comment en avoir ? bref… les celtes ont evolues, pourquoi pas les shuars, mais quel peuple va t il rester sur terre qui saura vivre en harmonie avec la nature ? a nous de retrouver cette harmonie, a nous aussi de proteger ceux qui n ont pas tout perdu.
Je reste un peu ici du coup et propose mes services a Raquel au DMT (departement medecines traditionnelles) , je fais un peu de traductions français-espagnol de documents sur les plantes. voilou, je suis bien fatigue, je me remets doucement…
Je ne sais pas trop encore ou je vais passer Noel, peut etre descendre au Sud vers Cuenca, peut etre pas… en tout ca je pense bien a vous, profitez bien de vous voir.
Grosses BIses
Antoine