un mois en foret

février 4, 2007

Hola

me voila de retour a Tarapoto, ville de l Oriente peruvien, apres avoir passe un mois dans la foret pres de la petite bourgade indienne de Chazuta, au bord du rio Huallaga. La chaleur, les motos-taxis, la poussiere, le bruit, les gens.. etrangement beaucoup de choses  ici me font penser a ce que j imagine du Cambodge, ou du Vietnam…

De Sucua ou j etais encore l annee derniere, je suis parti finalement avec mon camarade francais Sylvain vers le sud de l Equateur en direction de l Amazonie peruvienne. L idee etait de rejoindre nos deux autres compatriotes Anne et Stephane, pour faire avec eux et avec un “curandero” ou “chaman” des dietes de plantes dans la foret.

Nous avons passe Noel a Cuenca, la 3 eme ville d Equateur perchee au sud de la Sierra. Nous y avons passe deux jours magiques a se promener dans les rues, au marche, guides par les rencontres. La nuit de Noel nous a offert un beau cadeau avec la rencontre de cet homme un peu fou, Roberto qui semblait bien vivre dans une autre realite. Deja, nous etions sur le chemin. Avec Sylvain nous commencons a etre tres attentifs aux petits signes qui nous entourent et nous guident, des regards croises, des pensees echangees…

Nous nous retrouvons le jour suivant a Vilcabamba, ou nous nous reposons une nuit encore du voyage fatigant en bus. C est un petit village encore plus au sud, quand la Sierra commence a verdir en formant les contreforts de la Mazonie, la “sierra oriente” ou “oriente sur”. Et c est dans ce village tout petit que nous croiserons le plsu de touristes “gringos”, les commentaires sur ce lieu sont tres bons dans les guides, en particulier pour les couples qui cherchent un peu de calme, de bonnes auberges et des plats vegetariens.

Le prochain trajet en bus nous amene a Zumba, quasi a la frontiere peruvienne, mais il n y a plus de bus pour passer de l autre cote et nous devons passe une nuit de plus dans un hostal pour 2$. Le lendemain un bus ouvert, comme un gros camion avec quelques bancs a l arriere s engage sur la piste qui nous mene en 2 heures a la frontiere. Il faut en vouloir pour quitter le pays ! Le no man s land se passe a pied : un pont sur un rio dont le cours est la frontiere. Puis de l autre cote, des taxis nous attendent pour nous emmener a San Ignacio. Nouvelle atmosphere, qui plus est, sous une pluie torentielle, des moto-taxis de partout, une nouvelle monnaie, une nouvelle marque de biere, on passe de la Pilsener a la Pilsen, guere plus avantagee.

De San Ignacio nous prenons une camionette jusqu a Jaen et de Jaen le bus pour une nuit de trajet plutot calme car les routes sont plutot bonnes dans le nord du Perou. Le matin nous debarquons a Tarapoto. Nous retrouvons donc Anne et Steph, passons deux jours ensemble. Anne nous a emmene faire une petite visite du centre Takiwasi. Un centre therapeutique qui s appuie sur la medecine traditionelle, les dietes et certaines plantes psychoactives pour traiter la toxicomanie et d autres souffrances . Il n y est pas bien possible de s approcher trop pour respecter le travail des patients, mais dans le batiment principal nous croisons Winston, notre “chaman” avec qui nous allons partir dans la foret, il a beaucoup travaille pour le centre Takiwasi et est encore en lien avec eux. Un soir, nous tombons sur un petit concert dans un bar avec Sylvain, de l electropical ! Ca ma fait beaucoup de bien, on a sacrement danse, bien transpire. La nuit de St Sylvestre nous a offert aussi de bons moments mais pas aussi bons que les moments imprevus…

Mardi 2 Janvier nous partons pour la foret. Deux heures de piste cahotique pour rejoindre Chazuta, une demi heure de pirogue puis une petite heure de marche pour arriver au tout nouveau centre de Winston.  Au centre, la maloca, notre “maison” principale, qui accueille la cuisine, une table ou nous mangeons parfois, et un plancher pour les ceremonies. Winston, Marta, notre cuisiniere, et les aides de passages dorment a la maloca. Nous autres dieteurs dormons chacun dans un “tombeau” isole des autres. Un lit une moustiquaire et un toit, mais de quoi avons nous besoin de plus ? Le lieu est magnifique, au milieu des grands arbres, des palmiers, des bananiers.. les constructions de bois sont toutes neuves, nous allons etre bien.

Le lendemain, nous commencons par la purge. Il s agit de faire un gros nettoyage avant de commencer a prendre les plantes. La plante purgative que nous avons prise s apelle yawarpanga. J ai vomi et ete mal pendant pres de 4 heures, a croire que j avais sacrement de choses a eliminer… Le lendemain j ai attaque ma premiere diete de 7 jours, avec regime sans sel, sans sucre, sans graisse, sans fruits… et le soir ceremonie ayahuasca, cette plante psychoactive, qui  t aide a travailler sur toi meme.

 La diete s est tres bien passee, nous avons fait une pause de 4 jours puis nous sommes relances dans une autre diete, tres douce aussi. Puis je suis reste une dizaine de jours la haut pour continuer les “sessions” ayahuasca et continuer doucement le tavail que j avais commence sur moi meme, et surtout me reposer avant de redescendre a la ville, l autre monde.

Il est un peu difficile de parler en detail de tout cela car c ets encore tres frais et aussi assez personnel, mais je peux dire que ce fut une experience fantastique, les plantes de l amazonie ont des esprits tres forts qui peuvent vraiment t aider si tu viens a elles avec respect. J ai decouvert ce que c est que de faire une diete et cela m a beaucoup plus, car la demarche meme, et le regime alimentaire que tu t impose t invite deja a l introspection. Enfin, l ayahuasca est une plante maitresse (couplee a son amie la chakruna) qui peut t emmener tres loin comme te laisser sur le bord du chemin, mais il y a toujours enseignement a prendre… Pendant un mois (et j espere pour plus longtemps)  j ai eu comme compagnons de route les mots :  patience, humilite et confiance.

  Je pars demain pour Piura, au nord ouest du Perou, puis je longerai la cote Pacifique jusqu a Tumbes puis l Equateur, je retourne quelques jours a Quito, avant de poursuivre, peut etre avec le wwoof.  Pendant un mois, je n ai pas arrete de penser a vous, j ai senti, parfois que nous etions si proches, je vous embrasse.

Antuco.

peru2007550.jpg

qq photos du centre sur le blog d un ami dieteur http://peruseb.blogspot.com/

chez les Shuars

décembre 17, 2006

voila bien une semaine que j ai quitte Quito pour l Oriente.

je suis dans la petite bourgade amazonienne de Sucua a quelques kilometres au sud de Macas. lorsque je suis arrive vendredi dernier, je me suis directement fait embarquer dans un voyage dans la foret. Mon contact ici, Raquel, une amie de Wilo, le chamane equatorien que j ai rencontre en France, travaille au departement de medecine traditionelle de la federation Shuar, un peuple indigene vivant dans la foret amazonienne. Ce voyage 4 jours vers les communautes de Yaupi et Yaapi, vers la frontiere peruvienne, a pour but l animation de seminaires sur la medecine traditionelle shuar et la fabrication de remedes naturels. Membres de l equipee : Raquel, Ricardo, Lucio, Herman, Nelson, tous Shuar et Anne, Elodie et moi, trois gringos franÇais, elles, sont volontaires a Sucua depuis qq temps et participent ici a leur derniere excursion avant leur depart, tres vite, on me verra comme la releve. Nous partons donc vendredi dans la nuit, 8 h de bus cahotiques sur des pistes presques imaginaires entre les arbres geants. A 5 h du matin le bus nous laisse sur un pont ou nous nous reposons qq instants avant d embarquer sur des pirogues pour remonter le rio Yaupi.  Vegetation luxuriante, l explorateur moderne que je suis ne manque pas de remarquer les bambous hauts comme des immeubles, les fougeres de 2m de long, dans cette ambiance a l oreille cassee… Nous debarquons des pirogues quelques heures plus tard apres quelques peripeties et nous mettons en marche suos un soleil brulant et un air etouffant. Je transpire de curiosite. Deja je croise des petits gamins sur des chevaux sans selle, j apercois des toits de branches sechees, je crois voir un serpent, j ai soif. Notre chenin passe da bord par Yaupi, un vrai petit village avec des rues pavees, puis nous emmene a travers foret jusqu qu a son voisin un peu plus haut Yaapi. Dans la foret lors dune pause… attention !!! ne touche pas a cette herbe, une sorte de liane qui tombe droit vers le sol, en effet une fourmi ultra veneneuse de 3 metres de long etait sagement occupee a remonter la pente, il n aurrait pas fallu la deranger.        Yaapi, je bois de la chicha, boisson a base de la yucca machee par les femmes puis recrachee, et ainsi plus ou moins fermentee selon son age. mmmh, on s y fait vite, mais il fait soif. Le coin est paradisiaque, le village est tout en long sur le bord d un Rio, ou chacun va s y baigner une fois par jour. Nous installons nos couchettes dans une maison vide, ou plutot habitees par des chauves souris et d innombrables cucarachas, cafard rouges vifs… le lendemain  le seminaire se deroule plutot bien malgre l attention aleatoire de notre assistance, l apres midi Raquel et Elodie enseignent la fabrication de shampooing a base de plantes, de sirop de gingembre pour la toux, de pommade.. les travaux pratiques sont amusants, les shuars parlent entre eux, rient… Sentiment etrange que de venir voir ces gens pour leur enseigner ce qu ils ont perdus… Le soir, petite fete a la lumiere des batteries solaires, heureusement les hauts parleurs ne marchent pas tout de suite et nous avons droit a quelques belles chansons accompagnees en guitare avant que le poste crache ses belles bouses techno, il faut danser c est plus poli. On s est bourre la gueule a la chicha. Le lendemain depart vaseux pour Yaupi, nous redescendons notre chemin forestier jusqu au Rio qui nous offre un bon bain frais matinal. Ces chocs chaud-froid, vont me valoir une petite grippe que je croyai passagere mais que je me traine toujours depuis.  Yaupi, village un peu plus grand, plus de ruelles, une plus grande piste d aterrissage, meme une petite boutique.

 Le lendemain nous repartons par le meme chemin, chaleur, pirogue, bus… quel drole de voyage. Les Indiens n ont plus de plumes sur la tete ni de maquillage naturel, certains ont meme la tele a Yaupi… Ils vivent dans un petit paradis, avec l argent ils peuvent acheter des pots en plastiques pour mettre la chicha et n ont plus besoin de la poterie. Mais avec l argent il y a aussi d autres soucis, comment en avoir ? bref… les celtes ont evolues, pourquoi pas les shuars, mais quel peuple va t il rester sur terre qui saura vivre en harmonie avec la nature ? a nous de retrouver cette harmonie, a nous aussi de proteger ceux qui n ont pas tout perdu. 

Je reste un peu ici du coup et propose mes services a Raquel au DMT (departement medecines traditionnelles) , je fais un peu de traductions français-espagnol de documents sur les plantes. voilou, je suis bien fatigue, je me remets doucement…

Je ne sais pas trop encore ou je vais passer Noel, peut etre descendre au Sud vers Cuenca, peut etre pas… en tout ca je pense bien a vous, profitez bien de vous voir.

Grosses BIses

Antoine

Iliniza Norte

décembre 5, 2006

Nous partimes 13, en petite camionette, a 5h du matin du centre de Quito.

Nous arrivames 11 puis 12 au sommet de l’Iliniza Norte, huitieme sommet le plus haut d Equateur, a 5126m au dessus du niveau de la mer.

Que s est il passé? A l aube nous quitons Quito par la Panamericana Sur, et decouvrons a travers les fenetres de la petite vanette, les paysages et bientot les sommets de la Sierra. Quand le soleil pointe le bout de son nez, il est juste derriere le Cotopaxi, ce volcan prestigieux, ce cône parfait.. et la vue qui brule un peu les yeux est magnifique. Je me suis achete des lunettes de montagne. La camionette quitte la Panamericana et s enfonce sur des petites routes pavees vers l ouest, deja nous avons une vue magnifique sur les deux Ilinizas qui n ous attendent. Apres le petit village d´El Chaupi, les routes pavees se transforment en chemin de terre. Sur ces chemins nous croisons des bus, des vigognes (sorte de lamas!) des pick up, des vaches… nous sommes dans la cambrousse, un chemin est bloque, nous nous perdons… Assis a l arriere de la vanette, je sens les cardans craquer.. allons nous y arriver ? Vers 8h30 nous nous arretons et apres quelques echauffements nous mettons en marche en file indienne. Le paysage est grandiose, nous montons tres peu, nous avançons beaucoup, a travers les etendues de steppes d herbes rases.. puis d un coup il faut monter.. c est a peu pres au meme moment que le ciel s est couvert. Un pas apres l autre doucement, je crois que ca va le faire mais tres vite le souffle me manque et j ai besoin de faire des pauses regulieres.. tres regulieres.. le terrain est tres dur, sable, cailloux.. ke mieux est encore la traversee de petits neves avec des traces bien precises. La perseverence m amene jusqu a un petit col avec pres de 10 minutes de retard sur le groupe, un autre mec est derriere moi il n avance presque plus. Peut etre que l idee de ne pas etre le dernier m a maintenu un peu, ou peut etre que j aurrais pu forcer un peu plus mais tres sincerement je ne crois pas que je pouvais faire plus. Donc j attend mon compgnon de galere au col pour finir l ascencion ensemble, le groupe a du y aller, nous informant  qu il ne restait pas grand chose. Le gars arrive, je le laisse se poser qq temps mais il ne veut pas continuer, a mon grand desespoir… On ne voit plus rien , nous sommes au coeur du nuage. Je crie de toute mes forces pour apeler le guide, et j entend une reponse divine qui m autorise a y aller seul, et a le laisser se reposer au col, car nous repassons par ici au retour. Alors je me lance, je reprend mon rythme ultra lent, 10 pas et une pause, parfois 5. La grele se met a tomber et le terrain devient difficile, rochers, névés.. je ne vois plus les traces de pas sur les névés.. par ou sont-ils passés ? je m arrete, je reprend mon souffle, la grele tombe, je ne vois preque plus rien, je decide de m arreter ici, je ressent cette grande tristesse de l homme qui est a 50m du sommet de l Albaron et ne peut se l offrir. mais je suis rassuré, je vais attendre… oui en fait j attend.. car j ai encore un peu d espoir, la grele s arrete, le nuage se releve un petit peu et je decouvre une petite arrete qui me parait bien etre le sommet a quelques dizaines de metres de dénivelé… je m avance un peu et crie. Rien. Je recrie… Réponse! Ils sont la, ils ne sont pas loin, je me lance, doucement, chaque pas me rapprochant du sommet, je m arrete car je ne respire plus, je reprend, je m arrete, cette partie etait interminable, mes derniers pas formait un bon 3+ de grimpette, je me hisse.. je suis au sommet !

voila, je me suis battu et la chance ma permis de le faire.. il n y a pas eu de passages trop dangereux, mais tout de meme cette sensation d etre seul a 5000m, avec le sang qui te monte a la tete…

ce fut une des experiences les plus dures de ma vie.

Au retour, nous avons recuperer David  au col et avons descendu en ramasse cette grande pente sableuse… mal de tete d un ecart d altitude si violent, mais le retour quasi a plat nous repose tous, on profite de la vue car on est repasse en dessous des nuages, on cause un peu, avec les equatoriens qui etaient avec nous.

En attendant la camionette, la pluie nous achève et  nous nous abritons dans le rude logis d une famille de paysans indigenes…

Retour cahotique a Quito, douche, dodo, magnifique journee.

 Bonus photo, le cotopaxi et les illinizas (le norte a droite)
Bises à vous. bientot je pars dans la forêt.

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